Histoires en livres scènes images et voix

Histoires en livres scènes images et voix

Cinéma Télévision


Patrick Dewaere acteur enfant

Patrick Dewaere

Quand un enfant talentueux a l'avenir derrière lui...

 

Né le 26 janvier 1947, membre d'une fratrie d'enfants acteurs ("les petits Maurin"), Patrick Dewaere met fin à ces jours à l'âge de 35 ans, le 16 juillet 1982, à son domicile, au 25 de l'impasse du Moulin Vert, à Paris (14ème). Patrick commence sa carrière d'acteur dès l'âge de 4 ans! Avec ses frères, il jouera dans de nombreuses pièces de théâtre, films et téléfilms. Jeune adulte, il sera considéré comme l'un des plus talentueux comédiens de sa génération. Le naturel de ses interprétations, son jeu réaliste le distinguent de ses partenaires plus enclins à soigner leur style, sans toutefois lui enlever son charisme...

 

Le film Les valseuses° de Bertrand Blier (1974) le révèlera au grand public, dans le duo qu'il partage avec Gérard Depardieu.

 

Sous son nom de Patrick Maurin, il sera, en alternance, l'un des interprètes du petit Gillou°, le "fils" de personne de la pièce de Henry de Montherlant°, dans la reprise au Théâtre des Mathurins, en 1963.

 

Cette courte vidéo a été mise en ligne par l'INA (Institut National de l'Audiovisuel), le 26 janvier 2012, à l'occasion du 65ème anniversaire de la naissance du jeune prodige. On l'y découvre alors qu'il a 16 ans (moment où il incarne le Gillou de Fils de personne); un extrait de spectacle nous le montre dans une scène hilarante!

 

Il a été Gillou pour "Fils de personne" de Henry de Montherlant

 


20/01/2015
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Mon entretien avec Pierre Richard

1995 

l'acteur 

Pierre Richard 

me recevait...

...sur la terrasse de sa ferme viticole à Gruissan (département de l'Aude, dans le Languedoc). J'avais obtenu ce privilège pour un entretien exclusif destiné à un magazine pour lequel je collaborais bénévolement. Nous avions parlé de la nature, du "bétonnage" du littoral, des bonnes vignes, et il avait relaté quelques savoureuses anecdotes relatives à sa vie privée et à des tournages...  Une séance photo hilarante avait suivi le dialogue - lequel avait été ponctué de quelques gags improvisés et... involontaires, qui avaient beaucoup amusé mon fils qui m'accompagnait et moi-même! Une partie seulement de cet entretien avait été imprimé dans le magazine avec un minimum de photos. Sur ce blog, je publierai l'intégralité du dialogue et des images: un "inédit" donc et... en première exclusivité! 

 

Pierre-Richard-1995.jpg

Ce n'est pas sans raison que le Grand Blond, acteur-viticulteur, 

se mettait le doigt dans le nez au milieu de ses vignes...

Il illustrait ainsi un propos avec la joyeuseté qui est sienne! 

De quel propos s'agissait-il?

C'est à découvrir dans une prochaine publication sur ce site.


06/11/2014
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Lord of the Flies... jeux de sang en noir et blanc

flashback

 

Sa Majesté des mouches

(Lord of the Flies)

 

 

Le film de Peter Brook 

 

"The lord of the flies" est une comédie dramatique (Royaume-Uni) sortie en 1963, sur un scénario du cinéaste Peter BROOK d'après le roman de William GOLDING, publié en 1954, considéré comme un classique de la "littérature de jeunesse", abordé dans nos collèges, en classes de 4ème ou 3ème...

 

Dieu, que douces sont les Guerres des boutons des Barratier et autre Samuell (même celle de Pergaud) à côté du conflit puéril qui transforme une île paradisiaque, investie que par des gamins, en enfer de sang et de feu !

 

 

Image du film de Peter Brook (la coloration est de la rédaction) © Lord of the flies Company

 

 

"Et si j'écrivais l'histoire de jeunes garçons sur une île? Je les laisserais se comporter exactement comme ils voudraient."

 

   

© Lord of the Flies company

 

 

J'ose espérer qu'il ne viendra pas à l'idée à nos cinéastes tricolores (genre Barratier ou Samuell) "d'adapter" cette oeuvre magnifique et atroce, effrayante et initiatrice, naturaliste comme j'aime... Pas plus qu'on ne peut faire un plat salé et pimenté (car ce roman est très relevé) en utilisant abondammemt du sucre, on ne peut mettre en scène cette fiction, sans la trahir, si l'on accepte de prostituer son scénario et ses images aux standarts obligés du "prime-time" télé! En 1965, le réalisateur britannique Peter Brook met en images sans concession ni pudibonderie indécente (si j'ose dire!) cette histoire terrible, où les enfants (tous des garçons), naufragés et sans adultes, de "bonne éducation", beaucoup étant même enfants de choeur "à la ville" (!), abandonnent leurs uniformes de collégiens en guenilles pour se vêtir de feuilles et d'argile, et laisser leurs instincts barbares, fesses à l'air pour certains d'entre eux, s'exprimer dans de monstrueuses actions irréparables, protégés de leurs crimes sous l'anonymat de leurs visages bariolés...Des enfants sont mis à mort par leurs camarades dans des conditions atroces: des situations d'une contemporanéité à faire frémir! On croirait lire (voir) le filmage au téléphone portable de l'un de ces faits divers qui régalent nos journaleux - et font la une du Vingt-heures! Ces scènes de violence, racontées crûment par Golding, mises en images sans détour par Brook (il est vrai qu'il n'était pas financé par TF1!), sont d'autant plus effrayantes qu'elles se situent dans un contexte extrêmement réaliste: le gosse, seul, reste un enfant sage et éduqué, les gosses, entre eux, s'excitent mutuellement, se lâchent et extériorisent leurs pulsions diaboliques... Il n'y a plus qu'à se ruer sur un bouc émissaire - un faible, évidemment -, et c'est la curée!

 

Au sens propre (si j'ose dire) et non "de semblant"!

 

Une fiction assez forte et percutante pour que Peter Brook eût exigé des producteurs de ne pas "trop en faire" avec du pognon! La production initiale voulant gonfler le budget, le cinéaste a claquer la porte et s'est débrouillé... avec des bouts de ficelle!

 

"Tout ce que je voulais, c'était une petite somme d'argent. Pas de scénario, juste des enfants, une caméra, et une plage."  (Peter Brook)

 

 

© lord of the flies company

 

...mais avec une histoire et des dialogues qui donnent un coup de pied dans la fourmilère du socialement correct.

 

On peut reprocher à Peter Brook d'avoir trop visiblement  éviter des images traumatisantes ou impudiques (la nudité des protagonistes est très présente dans le livre, traduisant justement la découverte d'un état primitif) - ce qui fait tache dans son filmage naturaliste et par ailleurs sans concession de la montée de la violence enfantine. Sans solliciter des images gores, j'aurais préféré des éllipses d'atrocités moins évidentes et plus habiles. Le romancier Golding, qui a supervisé amicalement l'adaptation cinématograpique et a salué avec enthousiasme le résultat, en dit beaucoup plus dans son texte, n'évitant pas les détails sanglants - non par complaisance mais avec une légitimité narrative non contestable. De ce fait, l'atrocité des faits dont se rendent coupables, en s'amusant, nos petits enfants de chœur, apparaît plus clairement parce que décrits, bien que sobrement,  avec un réalisme cru. Je comprends qu'en 1963 le cinéma anglo-saxon prennent quelques précautions (que nous qualifierons "d'usage") dans un film mettant en scène des gosses... Ces coups de gomme sur les scènes les plus dramatiques (et aussi les plus significatives) altèrent un peu l'impact émotionnel de l'ensemble.

 

 

Un film "vérité": du Zola cinématographique

 

Avec une restitution globale réussie de l'essence du roman, ce film est donc une mise en images à minima, fidèle mais un peu timorée. Il n'en demeure pas moins que le traitement scénarique et la réalisation de Peter brook constituent un exemple (rare) de l'adaptation fidèle et non édulcorée pour le grand écran d'une histoire de gosses initialement forte.

 

Brook nous régale avec un filmage soigné: la photographie est belle mais non léchée, le noir et blanc est sublimé, les scènes de nuit sont d'une beauté... "éblouissante", et la caméra "débridée" du deuxième cadreur nous livre "à cœur " l'essentiel des images d'action.Les gamins, dans ce qui leur reste de nippes en vadrouille, les corps et les visages souillés de terre et de crasse, ou grimés comme des amazoniens, sont étonnants de vérité... à faire peur quand ils s'excitent! Le montage (coupé dans les 60 heures de pellicules impressionnée par les deux caméras) est alerte et efficace. L'atmosphère, d'abord enivrante, développe progressivement ses poisons mortels, en prenant le temps de poser chaque personnage, chaque groupe d'enfants, avec les psychologies de leurs âges. Il y a les "grands", plutôt réfléchis et prudents, il y a les "petits", plus attirés par les jeux de plein air et la plage que par le ramassage du bois mort; il y a les "forts" (en gueule) et les faibles, les introvertis... Brook, par sa mise en scène et ses images, nous révèle la quintessence de ce microcosme atypique et installe habilement et sans "effets de manches", peu à peu, l'angoisse et le malaise.

 

Ce qui prend allure de camp scout se transforme inexorablement en camp de la mort.

 

La bande son, pétrie de bruits de la nature (mouches, oiseaux, vent, orage et vagues), un peu gâchée quelquefois par un leimotiv musical original "hors cadre", comporte des temps forts: les cris histériques des enfants, le martèlement de tambours sur les noix de coco utilisés par les sauvageons, les "mélopées" de chasse, quelques mesures de percussions aussi discrètes qu'oppressantes...

 

Un film vraiment pas comme les autres!

 

Nos cinéastes français, fabricants de soupes enfantines consensuelles pour familles bien comme il faut, ou de "films de Noël", pourraient en prendre de la graine (de piments)

...et nos producteurs aussi.

 

Mais on sait qu'à propos d'enfance, le cinéma hexagonal préfère se voiler la face... et mettre des caches.

 

 

Le film de Brook a été présenté en Compétition Officielle au Festival de Cannes en 1963 et Le réalisateur a été nommé pour la Palme d'or. CQFD

 

 

Images du film de Peter Brook © Lord of the flies Company

Montage et colorations sépia de la rédaction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UNE BANDE ANNONCE QUI VOUS ATTEINT 

COMME UNE LANCE!

 

 

*J'ai trouvé une remarquable analyse du roman et du film de Peter brook sur DVD Classik

 

Le DVD est en vente chez Carlotta 

.Nouveau master restauré / Version Originale / Sous-Titres Français & Anglais

(92 mn) Format 1.33 respecté – 4/3 – Noir & Blanc avec en Suppléments:

.Le cinéma en liberté (32 mn)

Dans cet entretien exclusif, Peter Brook revient sur son coup de foudre pour le roman de William Golding, la préparation et le tournage du film, et sur la signification de son travail avec une troupe d'enfants.

.Partie DVD-Rom

Élaboré sous la direction d'Alice Vincens (enseignante à L'ESAV, Université de Toulouse II) en collaboration avec Dominique Galaup-Pertusa (enseignante à l'IUFM d'Albi), ce DVD-Rom, par son caractère interactif, permet le développement d'analyses croisées et interroge la rencontre du cinéaste Peter Brook avec l'œuvre de William Golding.

.Bande-annonce

 

 

 

L'affiche du film reproduite sur le DVD

 


06/11/2014
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Au revoir les enfants de Louis Malle : pensionnat et conflits...

La fraîcheur glacée

d'une enfance massacrée

 

Sorti en 1987 ce film atypique, à l'image du cinéaste qui l'a réalisé (lequel est décédé le 23 novembre 1995 à Beverly Hills), propose trois lectures: le drame des enfants juifs cachés, la chronique de la vie dans un pensionnat sous l'occupation, en 1944, et les souvenirs de l'enfance insouciante... Grâce au talent de scénariste, de metteur en images et de directeur d'acteurs qu'était Louis Malle, ces trois récits ne font qu'un sans la moindre anicroche. Les sujets s'imbriquent et se nourrissent les uns des autres. Aucune caricature, aucun "cliché" convenu: le jour et la nuit si l'on compare cette histoire forte à l'insipide amalgame narratif artificiel et maladroit de Christophe Barratier dans "sa" nouvelle (?) "Guerre des boutons" (2011). M. Malle ne faisait pas dans le consensuel ni dans le commercial papier glacé! Il a toujours eu quelque chose à dire... ...et à montrer.

 

Le fil conducteur, l'intrigue, "l'argument", le "conflit" comme disent les scénaristes, est l'enquête d'un garçon curieux de mettre à nu le secret de son compagnon de dortoir. Tel un Sherlock Holmes perspicace et futé, le jeune Julien va aboutir dans son enquête; son voisin de lit est donc un juif caché sous un faux nom - un faux catholique qui ne mage pas de porc. Cette trame tragique et cruelle a été vécue par Malle quand il était enfant. Mais le cinéaste a voulu aussi peindre objectivement et sans fard la vie insouciante de ses garçons en culotte courte et pèlerine, béret sur la tête, avec et malgré la guerre et l'oppression nazie... Contrairement au film de Barratier cité plus-haut, les éléments du puzzle narratif, bien que distincts, s'imbriquent naturellement et forment un tableau homogène.

 

au revoir les enfants.jpg

© MK2 Diffusion

 

Même pendant la guerre, les enfants étaient des enfants; ils jouaient à la récrée, se provoquaient bêtement, les garçons parlaient sexualité - à leur manière -, plus ou moins travaillés par la chose. Jeux du foulard. Chasse au trésor dans la forêt en tenue scoute... Restrictions. Froideur de l'hiver. Alertes. Marché noir enfantin. Des images en décor naturel, aux couleurs froides comme le sol recouvert de neige gelée et le brouillard matinal. Le cinéaste dit avoir construit son scénario avec des souvenirs personnels, des anecdotes qui lui ont été rapportées et des éléments de son imagination. Il n'a pas tout vécu ce qu'il montre mais il aurait pu tout le vivre. C'est pourquoi, le naturalisme de la mise en scène aidant, la psychologie des personnages étant parfaitement maîtrisée, l'authenticité des détails irréprochable, ce film constitue un album d'images et de mots vivant jusqu'au bout des ongles. La vie enfantine y est si bien dépeinte que le film demeure intemporel: les garçons, y sont trop vrais pour être désuets et ressemblent beaucoup à "nos" garçons du XXIème siècle, culotte courte ou pas, avec ou sans béret, ! C'est donc un film qui ne vieillit pas.

 

Le regard humaniste et objectif du réalisateur ne charge ni n'épargne personne: les gamins sont méchants et imprévisibles, les adultes sont honnêtes et maladroits, le chef allemand, venu arrêter les enfants juifs cachés fait correctement son boulot, froidement, tout en restant un homme qui va s'attendrir sur des fillettes venues à confesse près de l'école... C'est du Malle. Honni soit qui Malle y pense!

 

Les interprétations sont toutes impeccables. Le petit Gaspard Manesse (Julien) y est prodigieux de crédibilité, incarnant sans jamais sur-jouer un garçon qui oscille entre la dureté et la sensibilité rentrée.

 

 


06/11/2014
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Les enquêtes de Murdoch

Murdoch bascule

dans la série...

B

 

La saison 7, que j'attendais avec enthousiasme sur France 3, en cet an de grâce 2014, ne cesse de me décevoir par des épisodes on ne peut plus fantaisistes et frisant le ridicule...

 

Des personnages merveilleusement campés

donnés en pâture à des scénarios navrants de ridicule!

 

Un Titanic bas de gamme

aux clichés galvaudés

coule l'épisode

en tête de saison!

 

murdoch-a-l-eau.jpg

Photos du dossier de presse : une croisière catastrophe et un mythomane holmésophile...

MURDOCH_sherlock.jpg

 

Le naufrage de la série, on en a les prémices dans l'épisode "A l'eau Murdoch?" (Saison 7 épisode 1) où l'on assiste, impuissant, à un pitoyable faux remake du grand film de référence, avec une économie trop voyante de figurants (un seul canot de sauvetage à la mer et trois pelés et un tondu sur le pont!). L'argument de l'armateur qui veut faire couler son navire pour toucher la prime d'assurances est une vieille ficelle usée jusqu'à la corde! Tout comme l'amourette entre un homme du peuple et une fille de bourgeoise... Dommage! Il eut fallu simplement se cantonner à une (bonne) intrigue de croisière et la fiction devenait crédible et intéressante. Mais ce travers consistant à vouloir toucher à toutes les thématiques même inaccessibles aux moyens de la production, on peut le repérer dans un épisode sur deux...

 

Ainsi en est-il dans "Les aventures cinématographiques de l'inspecteur Murdoch" où, désireux d'intégrer le monde du cinéma d'époque dans une enquête - ce qui, au demeurant, avait un certain intérêt -, les co-auteurs ridiculisent le propos par une fiction aussi nian-nian qu'irréaliste.

 

"L'atelier d'écriture", qui a déjà ridiculisé le "naturisme" avec un regard aussi naïf qu'incompétent dans l'épisode "Murdoch au naturel" à propos duquel je dis tout le mal que je pense sur le blog cine-cinoche, récidive dans le crime de lèse-majesté en écorchant l'image du grand Sherlock Holmes!

 

Sherlock Holmes

à toutes les sauces!

 

Sherlock Holmes compromis (pour la deuxième fois dans cette série) dans un épisode de Murdoch Saison 7 - Episode 4 sur 18... pour le meilleur et pour le... pire! C'est bien gentil d'évoquer la figure célèbre de la littérature policière en soulignant les incroyables capacités de déduction du détective consultant, mais, bon...! prêter ces qualités à un mythomane affublé du costume emblématique, avec la fameuse casquette à rabats constamment de travers, ça frise le sacrilège! Il y a parodie et parodie... Conan Doyle, SVP, réveillez vos fantômes pour qu'ils aillent hanter les studios canadiens et tirer les oreilles des besogneux de l'atelier d'écriture!


04/11/2014
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